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  • DIZY-LE-GROS
  • 1939-1945

Publié le - Mis à jour le

16 mai 1940, les combats de Dizy-le-Gros

Le 15 mai 1940, la percée allemande est un fait et la Meuse franchie. L’armée française tente alors de rétablir la situation et de déterminer l’axe de progression des divisions blindées allemandes qui ont surgi des Ardennes. Le 3e régiment d’autos-mitrailleuses (3e RAM), alors de retour d’une mission à la frontière luxembourgeoise, reçoit l’ordre de faire mouvement en direction du département de l’Aisne. Toutefois seules les unités les plus rapides peuvent effectivement faire le trajet et bientôt quinze automitrailleuses AMD 178 Panhard et 30 side-cars se dirigent à toute vitesse vers l’Aisne.

Automitrailleuse de découverte (AMD) 178 Panhard du Musée des Blindés de Saumur.

Prendre de vitesse l’armée allemande

Envoyés sur Lislet et Montcornet afin d’y tenir les ponts sur la Serre et le Hurtaut, l’escadron d’autos-mitrailleuses du capitaine Weygand et les escadrons de fusiliers motocyclistes des capitaines de Brignac et de Roys, placés sous le commandement du commandant de Lamotte-Rouge, arrivent en vue de ces localités le 16 mai en début de matinée. Quelle n’est pas leur déconvenue de constater qu’après avoir parcouru tant de kilomètres, les avant-gardes allemandes les ont devancés et des armes antichars leur empêche toute approche des ponts. En conséquence, le commandant de la Motte Rouge décide de se replier sur Dizy-le-Gros et de mettre le village en défense en attendant de nouveaux ordres.

Une résistance désespérée

Maison après maison, les troupes allemandes prennent possession du village, et rapidement la rue principale est sous leur contrôle, tandis que les positions françaises sont encerclées. La résistance des hommes du 3e RAM n’en est pas moins audacieuse si l’on en croit les récits des survivants. Ainsi, afin de couvrir le regroupement de ses hommes derrière une barricade, le lieutenant Leroy-Beaulieu, armé de son fusil-mitrailleur, traverse une rue entre deux chars et est abattu par la mitrailleuse de l’un d’eux. Le commandant de La Motte Rouge et le lieutenant Pissavy tentent de leur coté de placer des mines antichars dans une rue, mais repéré par un char allemand alors qu’il resserre les mines sur la chaussée, le lieutenant Pissavy est abattu.

Conclusion

Profitant d’un bombardement de Dizy-le-Gros par l’aviation française en fin de journée, des prisonniers ainsi que les derniers combattants français encore cachés dans les maisons, dont le capitaine de Roys, en profiteront pour quitter le village. Après une longue marche, ils rejoindront les lignes françaises vers 7h du matin et pourront informer leurs chefs de la forte présence des blindés allemands. Au total seules quatre autos-mitrailleuses et une trentaine de side-cars du 3e RAM répondront à l’appel le lendemain des combats à Sissonne. L’armée allemande réutilisera immédiatement les autos-mitrailleuses capturées à Dizy-le-Gros encore en état et s’en servira dans les semaines suivantes pour pouvoir approcher des positions françaises avant de les attaquer.

Une borne pour la mémoire


Itinérance mémorielle 2022 - 15 mai - Dizy-le-Gros

Dans le cadre des commémorations du 82e anniversaire de la Bataille de France, afin de mettre en lumière les hommes qui ont combattu au péril de leur vie à Dizy-le-Gros, une borne du réseau départemental Aisne Terre de Mémoire a été inaugurée en ce lieu le 15 mai 2022.

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