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  • MONTCORNET
  • 1939-1945

Publié le - Mis à jour le

17 mai 1940, la bataille de Montcornet

Passée la surprise des premiers jours de l’invasion, l’état-major de l’armée française décide le 15 mai de rétablir le front à tout prix et de protéger Paris, persuadé que l’axe d’attaque visé par la Wehrmacht va se replier à un moment ou à un autre vers le Sud. Pour cela, elle rassemble les divisions encore disponibles et décide d’établir un nouveau front de la Somme à l’Aisne. Pour couvrir l’installation de ces unités et gagner du temps, il est décidé d’envoyer en urgence dans la région de Laon une unité nouvellement créée sous le commandement de l’un des théoriciens de l’arme blindée en France : la 4e division cuirassée (DCR) du colonel de Gaulle.

Char D2 de la 345e CACC en route vers le Laonnois croisant des réfugiés sur la route nationale n°2, le 16 mai 1940. ©Photographe inconnu/SCA/ECPAD/Défense/2ARMEE 91 B1085
Groupe d'officiers allemands posant devant le char B1 bis « Lyautey » du 46e BCC, abandonné à la suite d’une panne d'essence à Bucy-lès-Pierrepont le 17 mai 1940 ©Arch. dép. de l’Aisne, 2 Fi 1
Groupe d'officiers allemands posant devant le char B1 bis « Lyautey » du 46e BCC, abandonné à la suite d’une panne d'essence à Bucy-lès-Pierrepont le 17 mai 1940
©Arch. dép. de l’Aisne, 2 Fi 1

L'œuvre "La Résilience"

Elément central de l’ensemble mémoriel de la Bataille de France dans l’Aisne, l’œuvre « La Résilience » a été commandée en 2020 par le Conseil départemental de l’Aisne en hommage aux combattants français de mai-juin 1940, dont le colonel Charles de Gaulle, qui envoya ses chars en reconnaissance offensive sur Montcornet le 17 mai 1940. Cette œuvre fut inaugurée le dimanche 21 novembre 2021 à Montcornet lors de la cérémonie départementale donnée en mémoire des combattants de la Bataille de France de mai-juin 1940.

Afin de personnifier les combattants de la Bataille de France, l’œuvre est composée de lames comportant chacune un portrait sculpté : le colonel Charles de Gaulle, mais aussi des soldats d’unités ayant combattu durant la Bataille de France dans l’Aisne : fantassin, cavalier, chasseur alpin, zouave, tankiste, aviateur, regardant devant eux, au-delà des combats. Ces lames d’acier corten symbolisent à la fois le métal des chars, comme éclaté après avoir été percuté par un obus, et la dernière muraille, certes fissurée, mais qui reste toujours debout, comme les combattants qui y sont évoqués, qui demeurent unis pour défendre le territoire et la République.

La disposition des lames, en cercle, formant un léger mouvement de spirale allant de la terre au ciel, évoque la forme d’un tourbillon ascendant, celui de l’histoire qui s’emballe, menant au conflit et emportant les hommes.

Passée la surprise des premiers jours de l’invasion, l’état-major de l’armée française décide le 15 mai de rétablir le front à tout prix et de protéger Paris, persuadé que l’axe d’attaque visé par la Wehrmacht va se replier à un moment ou à un autre vers le Sud.

La Résilience - Emilie Prouchet-Dalla Costa ©FX. Dessirier, CD02
La Résilience - Emilie Prouchet-Dalla Costa
©FX. Dessirier, CD02

L’ensemble mémoriel de la Bataille de France dans l’Aisne en 1940

Appelés aux armées par la mobilisation partielle à la fin du mois d’août puis par la mobilisation générale du 1er septembre 1939, les Axonais en âge de se battre rejoignent rapidement les 147e, 136e et 155e régiments d’infanterie de forteresse (RIF) du secteur fortifié de Montmédy, tandis qu’à La Capelle et Hirson sont formés les 45e et 124e régiments d’infanterie (RI) qui intègrent la 4e division d’infanterie (DI). À leurs côtés sont aussi partiellement rassemblés des éléments du 91e RI qui, avec le 67e RI de Soissons et les 42e régiment d’artillerie divisionnaire (RAD) et 242e régiment d’artillerie lourde divisionnaire (RALD) mobilisés à La Fère, entrent dans la composition de la 3e division d’infanterie motorisée (DIM). En outre, le centre mobilisateur de l’artillerie de La Fère forme également les 301e et 302e régiments d’artillerie à pied (RAP) et le 102e régiment d’artillerie lourde tractée (RALT).

Ces Axonais vont se battre en mai-juin 1940, et l’on compte près de 800 Axonais « Morts pour la France » durant cette période, et leurs noms sont inscrits ici : des hommes de la 3e DIM tombés dans la bataille de Stonne, mais aussi de la 4e DI qui, rattachés à la 7e armée, font face en Belgique puis dans la poche de Lille à l’attaque allemande. Mais il ne faut pas oublier non plus ceux affectés au secteur fortifié de Montmédy, et qui vont être les premiers confrontés à l’attaque allemande, à l’image de ceux du 155e RIF qui est particulièrement touché quand les Allemands attaquent l’ouvrage de La Ferté les 18 et 19 mai.

Une borne pour la mémoire


Borne mémorielle avec l'inscription "Aisne Terre de Mémoire 1939-1945" avec une plaque d'information sur la face supérieure.

Dans le cadre des commémorations du 83e anniversaire de la Bataille de France, afin de mettre en lumière les combattants qui luttèrent durant quatre semaines sur le territoire axonais avec l'énergie du désespoir, une borne du réseau départemental "Aisne Terre de mémoire" a été inaugurée en ce lieu le 27 mai 2023.

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