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Publié le - Mis à jour le

19 et 20 mai 1940, défendre le canal de la Sambre à l'Oise

Après avoir traversé la Thiérache en moins d’une journée, les 1ère, 2e et 6e panzerdivisionen (PzD.) de l’armée allemande ont atteint la vallée de l’Oise le 16 mai, mais la 8e PzD. qui a pénétré dans l’Aisne par Aubenton, a rencontré de nombreuses résistances à Mondrepuis, Clairfontaine puis La Capelle. Les avant-gardes de celle-ci n’arrivent en vue du canal de la Sambre à l’Oise que le 17 mai dans la soirée. En face d’elles : des unités françaises déterminées à interdire tout passage du canal.

Maison détruite au cours de combats du 20 mai 1940 dans l’actuelle rue Charles de Gaulle à Wassigny ©Arch. dép. Aisne 2 Fi 1038

Afin de soutenir ces chars, des éléments de la 9e division d’infanterie motorisée (DIM) reçoivent l’ordre de défendre le canal entre Landrecies et Hannapes. Une poignée de combattants du 23e régiment de tirailleurs algériens (RTA) et du 13e régiment de zouaves (RZ), reliquats de la 4e division d’infanterie nord-africaine (DINA) repliée de Thiérache, se joignent aussi à eux et s’installent à Hannapes et Tupigny. Dans la matinée, des batteries du 54e régiment d’artillerie nord-africaine (RANA) de la 1ère DINA les rejoignent et viennent s’installer en position antichars aux ponts d’Etreux et de Oisy, bientôt rejointes par un escadron à cheval du 91e groupe de reconnaissance de division d’infanterie (GRDI) qui s’installe à Oisy.

 

Vers midi le pont de Oisy, tenu par l’escadron du 91e GRDI, deux canons antichars de 25 mm, une compagnie d’infanterie du 13e RI ainsi qu’un canon du 54e RANA, est détruit par les troupes françaises, qui abattent également un bombardier allemand. Tout près de là, une maison près de la berge est détruite au canon, pendant que les artilleurs allemands règlent les tirs de leurs pièces en effectuant des bombardements ciblés. Vers 15h30, les 5e et 7e compagnies du 5e régiment de tirailleurs marocains (RTM) sont envoyées constituer un poste avancé sur le canal à Petit-Cambrésis avec deux canons de 47 mm du 54e RANA tandis que des éléments du 28e RTT et du 27e RTA font de même à Oisy et Etreux, dont les défenses sont assurées par le 13e RI et trois canons de 75 mm.

L’attaque allemande sur le canal

Malheureusement pour l’armée française, la rapidité est la clé en ce mois de mai 1940, et à cela son adversaire s’est bien préparé. Dès le 17 mai, les troupes allemandes avaient pénétré en forêt de Mormal, plus au nord, et investi Le Quesnoy le 18 mai. Sans en avoir conscience, les troupes françaises qui défendent le canal de la Sambre à l’Oise étaient déjà contournées quand la 8e panzerdivision passe à l’attaque le 19 mai. Les combats sont néanmoins intenses, le point d’appui français de Oisy recevant à lui seul entre 3 000 et 4 000 obus de la part de l’artillerie allemande.

En fin de journée, débordées par les infiltrations allemandes de part et d’autre du canal, les troupes françaises, à bout de munitions et ayant subi de grosses pertes, refluent sur Wassigny pour celles qui le peuvent encore.

Le général Giraud, commandant la 9e armée, se trouvait dans le village la veille, et lui a ordonné de se mettre en état de défense. Trabila a mis en place le 1er bataillon du 27e RTA sur les lisières sud et sud-est de la forêt d’Andigny, face à Etreux et Hannapes et les deux bataillons du 28e RTT dans le village, à la gare et ses entrées principales, au blocus de Vénérolles et aux sorties vers Le Cateau et La Vallée-Mulâtre, ainsi que dans le centre de Wassigny.

Dans le cadre des commémorations du 82e anniversaire de la Bataille de France, et afin de mettre en lumière les combattants qui luttèrent sur les bords du canal de la Sambre à l’Oise en mai 1940, une borne du réseau départemental « Aisne Terre de Mémoire » a été inaugurée en ce lieu le 17 mai 2022. 

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