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  • LEUILLY-SOUS-COUCY
  • 1939-1945

Publié le - Mis à jour le

1er - 8 juin 1940, la 7e division d'infanterie dans l'Aisne

Stèle commémorative de la 7e Division d’infanterie à Leuilly-sous-Coucy (Aisne), avec épée monumentale plantée dans un rocher, en hommage aux combats du 1er au 8 juin 1940

Un glaive planté dans l’Histoire


Les automobilistes empruntant la route départementale n°1 dans l’Aisne ne peuvent manquer, peu avant le Banc-de-Pierre de Leuilly-sous-Coucy, un monument imposant : un glaive de bronze de quatre mètres de haut, fiché dans un bloc de béton évoquant un rocher naturel. Inauguré en 1950, ce symbole n’a rien à voir avec l’Antiquité. Il rend hommage aux soldats de la 7e division d’infanterie (7e DI), tombés en mai-juin 1940 pour défendre la vallée de l’Ailette contre des forces allemandes très supérieures. La localisation du monument n’est pas anodine. Dans la soirée du 5 juin 1940, le Banc-de-Pierre était l’un des derniers points d’appui du 93e régiment d’infanterie (93e RI) à résister aux assauts ennemis. Il succombera le 6 juin, faute de munitions et de renforts. Ce monument incarne ainsi la ténacité désespérée d’une division, principalement composée de réservistes originaires de l’Ouest de la France (Sarthe, Mayenne, Bretagne), jetée dans une bataille inégale.


De la mobilisation au choc de mai 1940


Mobilisée en septembre 1939, la 7e DI est une unité de série A, composée de réservistes et de jeunes appelés, qui regroupe trois régiments d’infanterie : 93e RI (Argentan), 102e RI (Vannes), 130e RI (Le Mans), un groupe de reconnaissance : 40e GRDI, de l’artillerie : 31e RA et 231e RAL et des services : Compagnie divisionnaire antichars (absente en mai 1940), génie, train. C’est le général Hupel qui en prend la tête, mais cette unité souffre d’emblée de lacunes matérielles criantes dès sa création. Elle manque en effet de canons antichars de 25 mm, et dans ses souvenirs, le capitaine Henry Le Moniès de Sagazan, de l’état-major du 93e RI, écrira même : « Impréparation totale sur le plan matériel. Le régiment partira avec des canons de 37 inopérants contre les chars modernes et seulement doté de projectiles non perforants. ». En outre, le groupe de reconnaissance manque de véhicules et de chevaux, ce que les réquisitions ne permettront de combler que partiellement et de manière hétéroclite.

Tant bien que mal équipés, les hommes de la 7e DI prennent le train pour se diriger vers la frontière, et après avoir traversé Creil, Montdidier, Laon et Hirson, ils sont débarqués au sud-ouest de Rocroi, près de la frontière belge, où ils vont passer les premiers mois de ce qu’on appellera la « drôle de guerre », et notamment un hiver rigoureux où ils supportent des températures allant jusqu’à -22°C. Le 10 février, ils sont envoyés en Lorraine dans le secteur de Kedange-Monneren, et subissent leurs premières pertes au Grossenwald. Après avoir passé 80 jours sur la ligne de front, la 7e DI est relevée le 4 mai 1940 et se dirige vers Amnéville. Les hommes espèrent une accalmie et l’on parle même alors de les rééquiper au camp de Châlons.

C’est compter sans l’armée allemande qui déclenche le plan Jaune le 10 mai 1940 et traverse les Ardennes, provoquant la remontée en ligne des hommes de la 7e DI à peine reposés, qui sont déployés le 13 mai face à la frontière luxembourgeoise. Les premiers accrochages ont lieu à Rumelange, avant le repli derrière la ligne Maginot, puis entre Longuyon et Verdun. Pendant ce temps, le Grand Quartier Général commence à penser à retirer des divisions de l’Est pour reconstituer un front au nord de Paris…


Le déploiement dans l’Aisne : la 7e DI face au destin (23 mai – 4 juin 1940)


Face à la rapidité de l’attaque allemande et aux besoins en réserves stratégique du haut-commandement français, des divisions sont en effet prélevées à l’Est pour constituer en hâte une 6e armée qui se déploie sur l’Aisne. C’est dans ce contexte que les hommes de la 7e DI sont embarqués à Mangiennes le 23 mai 1940 pour une destination inconnue. Dans ses souvenirs, le capitaine Henry Le Moniès de Sagazan, de l’état-major du 93e RI, confiera : « Après 24 heures d’un voyage coupé de nombreux arrêts et de traversées de gares bouleversées par les bombardements la « Luftwaffe », comme Château-Thierry où nous côtoyons un moment un train sanitaire complètement détruit, nous arrivons à Neuilly Saint Front où, dès le débarquement, nous recevons l’ordre de nous porter sur l’Ourcq. »

Débarquées à Neuilly-Saint-Front le 25 mai, les unités de la 7e DI font route vers l’Ourcq avec mission de défendre cette vallée jusqu’au 28 mai, mais dans la nuit du 28 au 29 mai, la situation ayant évolué, leur montée au front est précipité. Ils font ainsi mouvement vers Chaudun, Saconin-et-Breuil, Ploisy et Missy-aux-Bois puis la nuit suivante vers Juvigny, Chavigny, Leury et Lechelles, dans l’optique de relever une partie de la 87e division d’infanterie d’Afrique et de la 28e division d’infanterie alpine sur l’Ailette. Le 30 mai, la 7e DI est ainsi en place : le 93e RI tient le sous-secteur de Crécy-au-Mont, le 102e RI le sous-secteur de Vauxaillon et le 130e RI le sous-secteur de Pinon. Le lendemain, alors qu’il prend officiellement le commandement de ce secteur, le général Hupel diffuse son ordre du jour : « La conduite de la défense sera menée sur le canal de l’Ailette et la coupure de l’Aisne sans esprit de recul. Les ponts doivent sauter dans la nuit du 5 au 6 juin. ».

C’est cependant sur un terrain ingrat qu’une défense précaire s’installe. En effet, les bords du canal sont plats mais couverts de taillis et d’oseraies, limitant les champs de tir. Sur les coteaux du plateau calcaire qui surplombe la vallée, les ravins nombreux permettent à l’adversaire de s’infiltrer facilement. Par conséquent, sans possibilité de réserves, tous les bataillons sont en ligne et forment des points d’appui (PA) isolés.

Malgré ces difficultés, les hommes de la 7e DI s’activent du 1er au 4 juin pour les derniers préparatifs avant l’attaque allemande qui s'annonce imminente vu l’accroissement de l’activité sur la rive nord de l’Ailette. Ceux-ci consacrent ainsi les journées du 1er et du 2 juin à l’organisation des positions – et trop peu de temps pour creuser des tranchées –, la destruction des passerelles et la pose de champs de mines. On annonce alors bien du renfort avec la mise à disposition de quelques chars du 36e bataillon de chars de combats, mais ceux-ci se révèlent être de vieux chars FT dont l’impact sera limité. Quant aux ponts, ceux qui n’ont pu être endommagés jusque là ou seulement barricadés devront être détruits dans la nuit du 5 au 6 juin.

Soldats allemands du Gebirgsjäger Regiment 99 retranchés en lisière de sous-bois près du canal de l’Oise à l’Aisne pendant la campagne de France en juin 1940
Alpins du Gebirgsjäger Regiment 99 en position dans un sous-bois près du canal de l’Oise à l’Aisne en juin 1940
© Coll. part.

Les combats des 5 et 6 juin 1940 : l’épreuve du feu sur l’Ailette

Dès la nuit du 4 au 5 juin, les observateurs français signalent des mouvements de troupes allemandes et des bruits d’enfoncement de pieux sur la rive nord du canal. À 4h44, le 3e bataillon du 93e RI demande un tir d’artillerie sur le hameau de Courson. L’attaque allemande se déclenche à 5h00 sur tout le front, sous couvert d’un brouillard artificiel bleuté et d’un bombardement massif (artillerie, minenwerfer). Dans ses souvenirs, le capitaine Henry Le Moniès de Sagazan, de l’état-major du 93e RI, écrit : « Très rapidement l’ennemi, grâce à ses bateaux pneumatiques, arrive malgré nos tirs d’artillerie et nos feux d’infanterie à franchir le canal en deux ou trois points, puis commence aussitôt sa technique d’infiltration qui trouve un terrain vraiment propice. Quelques contre-attaques le bousculent bien par endroits mais ne pourront l’empêcher de continuer, toute la journée, sa progression, isolant nos points d’appui, aidés en cela par les éléments blindés et d’artillerie légère qui auront réussi, en fin de matinée, à franchir le canal à leur tour. »

Soldats allemands franchissant une rivière en canot pneumatique lors de la campagne de France dans l’Aisne en juin 1940
Soldats allemands traversant un cours d’eau sur un canot pneumatique dans l’Aisne en juin 1940
© Arch. dép. Aisne, 2 Fi 53.

Entre 5h00 et 6h00, les combattants français font ainsi face à 1 contre 3 aux assauts des soldats de la 1ère division de montagne et des 290e et 25e divisions d’infanterie allemandes qui franchissent le canal et s’infiltrent peu à peu dans le dispositif défensif français. L’écrivain Guy des Cars, lieutenant au 102e RI, décrira dans son ouvrage L’officier sans nom (1941) le dénuement qui touche alors les soldats français bousculés sur les rives du canal de l’Oise à l’Aisne : « Les Allemands veulent tout écraser sur le canal : passer coûte que coûte. Pour être sûrs de ne rien manquer, ils tirent sur les deux rives : cent mètres chez eux – tant pis, ils ont du monde – cent mètres chez nous. Ils savent qu’il n’y aura plus personne quand ils auront tout tué. Un prisonnier, interrogé, vient d’avouer que sur le seul front du bataillon, il y a trois régiments qui se relaient toutes les quatre heures : on les amène en camions. La 2e compagnie n’a plus qu’une centaine d’hommes : contre mille reposés, ne voyageant pas à pied. Ça tient tout de même. Mais des munitions, bon Dieu ! »

Contournant les points d’appui français, les Allemands progressent vers l’arrière des lignes françaises, profitant des taillis et ravins pour avancer en profondeur. Dans le sous-secteur de Pinon, tenu par le 130e RI la station de chemin de fer, l’école et le pont de chemin de fer tiennent tant bien que mal mais l’écluse de Pinon est perdue. La réaction française est immédiate pourtant : un barrage d’artillerie est déclenché, mais les liaisons avec les bataillons sont rapidement coupées, ralentissant la coordination des tirs d’artillerie avec les besoins de l’infanterie.

Dès le lever du jour, l’aviation allemande entre dans la danse, appuyant l’avance des troupes au sol par des attaques ciblées, comme le rapportera Guy des Cars, du 102e RI : « Les Messerschmitt foncent, quatre par quatre. Le premier, très détaché, repère l’emplacement exact du PC et lance une rafale avec ses mitrailleuses sans viser, uniquement pour donner l’indication aux suivants : ils sont là !... Les trois autres piquent en quinconce, échelonnés ; en rase-motte à présent : le premier prend d’enfilade le boyau du PC. Ses balles labourent le sol. La mort qui se plaque dans la glaise. Le deuxième, légèrement décalé sur la gauche, prend d’enfilade tout ce qu’a raté le premier et qui bouge encore : ils sont terrés là !... Le troisième achève le solde : ce qui a échappé par miracle aux deux premiers... A six cents à l’heure. Ils s’éloignent. Les bombardiers viennent les relayer, pour qu’en bas le fantassin français n’ait pas le temps de reprendre ses esprits, de relever la tête : pour qu’il soit abruti par les dépressions effarantes des bombes. Ils foncent en piqué, eux aussi : pour écraser les abris de planches. »

Carte opérationnelle montrant les positions de la 7e Division d’infanterie dans l’Aisne le 5 juin 1940 à 7h00 (Seconde Guerre mondiale)
Positions de la 7e DI le 5 juin à 7h00
© SHD

Entre 6h00 et 9h00, la pression s’intensifie. A 8h50, à Crécy-au-Mont, le commandant du 2e bataillon du 93e RI signale que les Allemands ont atteint le château de Crécy. Son dernier message à 11h15 sera le suivant : « Réclamons une contre-attaque, nous sommes submergés par les troupes ennemies ». A Leuilly-sous-Coucy, le 1er bataillon du 93e RI tient sa position mais à 7h25, les soldats allemands pénètrent dans ses lignes, et à 12h25, ils arrivent devant sa ligne de soutien. Dans les secteurs voisins, le 102e RI tient la ligne du canal mais entre le Mont des Singes et Pinon, des infiltrations sont signalées, le 130e RI étant débordé sur sa gauche.

Dans le secteur de Vauxaillon, le 3e bataillon du 93e RI, en liaison avec le 102e RI, subit un assaut au pont de Courson (à peine détruit) et à 6h30, les liaisons téléphoniques sont coupées. A la fin de la journée, le 93e RI s’accroche encore à la ferme de Tincelles, à l’Hermitage et jusqu’aux abords de Leuilly-sous-Coucy, tandis que la ferme de Montécouvé est perdue à 19h, et qu’à 20h45 les Allemands débouchent de cette ferme en direction de Juvigny. On espère bien alors l’arrivée prochaine de renforts, mais seul un bataillon du 23e régiment de marche de volontaires étrangers (RMVE) est annoncé, et il n’arrivera que dans la nuit, sans vivres ni munitions.

Infanterie allemande avançant en terrain découvert vers le Chemin des Dames dans l’Aisne le 5 juin 1940 (campagne de France)
Progression de l’infanterie allemande vers le Chemin des Dames le 5 juin 1940
© Coll. part.

Pendant ce temps, dans Juvigny bombardé par l’artillerie et l’aviation allemande, le poste de commandement du 93e RI tente de résister avec des barricades, épaulé par son groupe franc, mais ne doit son salut qu’à l’intervention du 23e RMVE. Toute la journée, force est de constater que les infiltrations allemandes se sont partout densifiées, mais qu’en l’absence d’un ordre de repli, de nombreuses poches de combattants continuent la lutte, malgré leur débordement par l’armée allemande.

Dans la soirée, on apprend dans le secteur de Crécy-au-Mont que les premiers éléments de l’armée allemande ont atteint Pommiers sur l’Aisne, ayant traversé en profondeur le dispositif défensif du 93e RI. Ce dernier tente pourtant de s’accrocher aux abords de Juvigny et de Terny-Sorny, mais seul un repli est envisageable, et apprenant le repli sur ordre du 102e RI, les survivants finissent par brûler leurs documents secrets avant de se replier dans la soirée, l’état-major devant même traverser l’Aisne à la nage, tous les ponts ayant sauté.

Stèle commémorative du 7e BCA à Pinon avec statue de chasseur alpin, dédiée aux combats de juin 1940 dans l’Aisne
Le monument du 7e BCA à Pinon
Carte militaire des positions de la 7e Division d’infanterie dans l’Aisne le 6 juin 1940 à 7h00 pendant la campagne de France
Positions de la 7e DI le 6 juin à 7h00
© SHD

Dans le secteur de Vauxaillon, le 102e RI a perdu du terrain à la ferme Antioche et a perdu l’entrée nord du tunnel de Vauxaillon, mais certains points d’appui tiennent toujours tant bien que mal, ainsi que le rapporte le lieutenant Guy des Cars : « On tient parce que c’est cuit : mais personne ne veut le dire tout haut. On n’a pas le droit de le dire. La nuit du troisième jour descend. Le plateau domine tout. Les meules de paille sont incendiées dans la plaine. Ça fait des triangles de feu pour leur artillerie qui se déplace vite : sur camions. La nôtre est morte : en longs convois sur les routes. Avec ses attelages de chevaux interminables, mitraillés. Les bêtes couchées par terre, empêtrées dans leurs harnachements. On ne peut même pas les dételer. Sur son plateau, la 2e compagnie voit tout cela. Il faut nuit à présent. Les villages brûlent : Pinon, Vauxaillon. »

Comme on l’a vu, le 102e RI finira par recevoir un ordre de repli, de même que le 130e RI dans le secteur de Pinon, qui tient encore dans la journée quelques points d’appui dans la forêt de Pinon, vers Vaudesson ou le moulin de Laffaux, mais l’essentiel du dispositif a cédé du terrain aux Allemands. En début de soirée, l’ensemble des troupes de la 7e DI qui n’ont pas encore été encerclées ou capturées reçoivent enfin l’ordre de se replier vers l’Aisne en vue de se regrouper plus au sud.

Soldats de la 7e DI faits prisonniers, regroupés dans le cimetière de l’église de Bagneux

Une retraite sous la pression

Ayant reçu l’ordre de se replier, les hommes de la 7e DI cherchent dans la nuit du 6 au 7 juin à éviter l’encerclement, et à passer l’Aisne avant que les ponts ne sautent, puis se regrouper à proximité du front. Malheureusement le franchissement de l’Aisne est aisé pour l’armée allemande, si bien que la 7e DI, éreintée et réduite à environ 2000 hommes, n’a pas le temps de reprendre son souffle et est à nouveau sollicitée pour couvrir la défense de l’Ourcq vers Neuilly-Saint-Front.

Déployée entre Troësnes et Rozet-Saint-Albin pour assurer la défense des ponts, sa mission est de courte durée le 9 juin, car les unités de reconnaissance allemande ayant pénétré dans Fère-en-Tardenois, il apparait évident que le dispositif défensif français est déjà débordé vers le sud avant même d’avoir eu le temps de s’y installer. Par conséquent le repli de la 7e DI se poursuit en direction de la Marne le 10 juin, puis de la Seine entre le 13 et le 14 juin.

Le monument de Leuilly-sous-Coucy : un hommage à la mémoire des héros

Dès la fin de la guerre, un comité se constitue sous la présidence du colonel Adam, ancien commandant du 130e RI, avec le soutien de M. de Bussy, maire de Leuilly-sous-Coucy, et du médecin-colonel Tête, du 93e RI, en vue d’ériger un monument à la mémoire des soldats de la 7e DI tombés dans la région les 5, 6 et 7 juin 1940. Présenté en commission départementale des monuments commémoratifs, le projet initial prévoit d’emblée un glaive planté dans un rocher artificiel. Cependant, la commission émet des réserves sur la symbolique dans sa réunion du 10 mars 1950, notamment M. Poelle, chef du service départemental de l’Urbanisme : « L’idée est intéressante, mais trahie par la présentation. L’épée doit attaquer un symbole de force. Le conglomérat de blocs jointoyés n’a pas de raison d’être frappé par l’épée. Je propose une meilleure présentation : l’épée (or pâle) et le bloc (abri de béton, gris-vert), symbolisant la force allemande. Du choc naît la fissure. » tandis que M. Muller, architecte des Monuments historiques, annonce quant à lui : « Il importe de donner une forme plus esthétique au conglomérat de blocs. L’équilibre des forces doit être visible. ».

Dessin préparatoire du monument commémoratif de Leuilly avec épée, plan et élévations annotées
Croquis du projet de monument
© Arch. dép. Aisne.

Après avoir tenu compte des conseils des experts, le projet peut enfin voir le jour sur un terrain de 2 ares donné par M. Henri Aubert au lieu-dit « La Valeyette » ou « le Haut du Banc de Pierre », après accord de la commune par délibération du conseil municipal de Leuilly-sous-Coucy le 20 octobre 1949. Le projet est financé par souscription publique et il est à souligner que 15 communes de l’Aisne où la 7e DI a combattu participent au financement.

Dans sa forme finale, le monument, d’une hauteur totale de 6 mètres, se démarque par son glaive de 4 mètres de haut, librement inspiré des glaives des croisés du XIIe siècle, en bronze, fiché verticalement sur un bloc en béton imitant un rocher naturel, sur lequel une plaque en bronze est fixée : « Aux morts de la 7e division d’infanterie tombés pour la patrie en 1940. 93e, 102e et 130e régiments d’infanterie, CID 7, 40e GRDI, 31e et 231e RA, compagnies du Génie 7/1 et 7/2, pionniers, train, état-major et services de la DI. »

Cérémonie d’inauguration du monument commémoratif à la 7e Division d'Infanterie avec porte-drapeaux et militaires rassemblés autour de la stèle
Inauguration du monument
© Coll. part.

Inauguré le dimanche 28 mai 1950 en présence de nombreux anciens de la 7e DI et d’un détachement du 93e RI en garnison à Paris, ce monument se veut ainsi un symbole de résistance et de mémoire, témoignage silencieux du sacrifice de la 7e division d’infanterie, une unité mal équipée, submergée par le nombre, mais qui a tenu ses positions jusqu’à l’extrême limite sur l’Ailette. Aujourd’hui, ce monument rappelle aussi l’importance de la mémoire : celle des soldats tombés, mais aussi celle des communes de l’Aisne qui, par leur souscription, ont voulu honorer ces hommes venus de l’Ouest pour défendre leur terre. Leur résistance, bien que vaincue, reste un exemple de bravoure et de dévouement à la patrie.

Une borne pour la mémoire


Chaque année, plusieurs commémorations ont lieu dans la vallée de l’Ailette pour perpétuer le souvenir et honorer la mémoire des hommes qui ont combattu du 5 au 7 juin 1940. A l’occasion du 86e anniversaire de la bataille de l’Ailette de 1940, une borne du réseau départemental « Aisne Terre de Mémoire » a été inaugurée en ce lieu le 7 juin 2026, afin de remettre en lumière l’histoire de ces hommes.

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